Pinceau à soleil

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Du cimetière au canal

Les pomponnettes, ces chrysanthèmes à petites fleurs charnues, serrées, se protègent du froid et de la proximité des tombes. Quel curieux nom pour une plante de cimetière. Mon hêtre pleure ses rameaux qui se défeuillent paresseusement. Apparaissent des bourgeons bruns et pointus pour durer jusqu’au printemps. Le mal vent secoue la ramure où se perche une corneille. Je l’appelle. Elle prend ses ailes et disparaît. Je tourne autour de mon arbre éléphant, silencieux, boudeur. Il concentre ses forces, sûrement. J’erre parmi les tombes couvertes de baies rouges. L’ambiance est religieusement sinistre avec ce vent qui cogne. J’entre dans l’église. Tout au fond, derrière l’autel brille une petite lumière rouge. Dieu est là. Elle s’éteint il n’y est plus.

Je longe le canal gris, piqueté de bâtiments industriels et d’entrepôts sans grâce mais avec la couleur, vive. L’eau sale s’agite et vient battre la rive. Une péniche noire et argent me déborde, curieux assemblage d’une poupe et d’un container. Un jeune gars à l’avant tourne une manivelle. Des gamins font des signes en sautant sur la berge. J’atteins le pont Van Praet et son nouveau centre commercial dénommé pompeusement BRUXSEL DOCKS. Bruxelles en français, Brussel en néerlandais. Un nom qui prête à création, je viens de croiser un Bruksel. Un mot plastique qui s’accorde au cosmopolitisme de la ville