Eclaircie brève et soleil mural

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La chouquette

Chez le boulanger, je commande deux baguettes (des pains français comme on dit en Belgique). Il est tard, il fait noir et j’ai faim. Je salive devant les pâtisseries et autres gâteaux croustillants et crémeux.

  • Autre chose, Madame ?

Ah ! Vil tentateur. Il a surpris mon regard vorace sur ses pâtes dorées.

  • Oui, je voudrais deux chouquettes.
  • Désolé mais ça se vend par dix.
  • Alors je n’en prends pas sinon je vais tout manger !

Tant pis je croquerai un morceau de pain pour calmer le monstre qui aboie dans mon estomac.

  • Ça fait trois euro cinquante, Madame !

Je lui tends la monnaie. Il me tend un sachet.

  • Et une chouquette pour la route !

Son grand sourire éclipse sa toque blanche, rebondit sur mon visage, m’ouvre les lèvres en un merci confus et joyeux.

Heureuse j’enfourche mon cheval d’acier en mordant dans ma chouquette. Le boulanger me fait un signe complice de sa vitrine illuminée.

 

Le caramel

Récemment, au théâtre, j’ai vu une marionnette engloutir un caramel. A la sortie, une coupe en verre, pleine des bonbons dorés au cœur de beurre fondant, s’offrait aux mains gourmandes des spectateurs. Je n’ai pas hésité une seconde. J’avais oublié le goût des caramels.

Alors pour le prochain supermarché, j’inscris sur ma liste : CARAMELS. J’en trouve et les teste immédiatement devant le rayon bonbons. Sont-ils aussi délicieux que ceux du théâtre ? Oui !

Je reconnais la caissière. Je la vois vieillir. Elle me voit vieillir. Nous nous sourions d’un air entendu, un sourire de connivence.
Au moment de payer, je lui propose un caramel.

  • Goûtez, c’est irrésistible !

Elle refuse, plus par politesse. Je suis sûre qu’elle en a envie ou alors c’est pure projection de ma part. Elle me tend le ticket. Je lui dis au revoir. Dans ses yeux je lis un merci muet pour cette petite attention.

Un caramel a posé un éclat doré dans nos regards et notre journée.