Ci-gît…

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Monsieur Aydin

Le trottoir, pavés bleus, déchaussés, déploie ses portants de vêtements déclassés à trois euro. Il y a pléthore de pulls et manteaux. C’est l’hiver. Mr Aydin siège derrière sa table-comptoir, les yeux rivés à l’écran de son téléphone portable. La boutique est étroite et creuse par couches, par strates un millefeuille de lainages, chemises, pantalons, robes. Une caverne de nippes et d’odeurs. J’y trouve toujours quelque chose pour moi, pour le théâtre. Je suis toute embarrassée au moment de payer, j’ai oublié mon porte-monnaie. Mr Aydin me regarde. Ses yeux bruns pétillent dans la coupe lisse de son visage.

  • Pas de problème ! Vous me paierez la prochaine fois.

Dix minutes et je déboule pour régler mes trois euro de dette.

  • Mais ça ne pressait pas. Vous aviez le temps. Les gens qui viennent ici, je leur fais confiance.

Sa bouille se fend comme une pastèque en un sourire chaleureux, à vous allumer le cœur.